Jaguar XJ 12 L Series II (1973) – la Jaguar sur l’emblème de la marque indique le fabricant © Copyright / photographer: Bruno von Rotz

Jaguar XJ 12 L : pour ceux qui souhaitent un peu plus (de luxe)

Aujourd’hui, elle ne coûte pas beaucoup plus que la batterie d’une Smart électrique et il faudrait acheter une Golf Volkswagen d’au moins cinq ans pour battre la Jaguar XJ 12 L des années 1970 au niveau du prix. Le félin anglais à douze cylindres offre beaucoup d’espace et une bonne dose de style.

Il faut quatre ans aux ingénieurs de Jaguar pour développer le successeur de deux séries, la 240/340 et la 420G. Le cahier des charges exige une berline       de catégorie supérieure spacieuse, mais surtout confortable. Avec 4,8 m de long, près d’1,8 m de large et au moins 1,6 t, le véhicule présenté en automne 1968 sous le nom de XJ 6 propose un luxe et un style inattendus.

Sur le plan technique, les ingénieurs misent sur des éléments éprouvés, mais aussi modernes. Le moteur six cylindres en ligne de 4.2 litres provient de ses prédécesseurs et développe 186 ch. La puissance est transférée par le biais de la transmission manuelle ou de la transmission automatique Borg Warner, les roues sont montées individuellement et, bien entendu, équipées de freins à disque.

Davantage de luxe grâce aux douze cylindres +

En 1972, le moteur à douze cylindres tant attendu est également disponible sur la XJ, donnant par la suite naissance à la XJ 12 et à la Daimler Double Six. Le moteur de 5.3 litres, équipé de carburateurs horizontaux du type Zenith 175 DD 2 SE permettant une importante alimentation en essence, offre une puissance de 253 ch DIN. Les testeurs de la Revue Automobile ont enregistré une consommation de 25.6 litres de supercarburant aux 100 km, et même de 36.6 litres aux 100 km à une vitesse de 200 km/h. Les 109 litres du réservoir d’essence semblent alors bien moins généreux.

La Jaguar possède toutefois le tempérament d’un véhicule de sport, avec une accélération de 0 à 100 km/h en 8 secondes, malgré la transmission automatique Wandler, et une vitesse maximum de 227,5 km/h. Le moteur, déjà éprouvé au milieu des années 1960 sur le prototype de moteur central XJ-13, convainc par son fonctionnement étonnamment silencieux. « Au pas et au ralenti, il est au début tentant de s’apercevoir, en appuyant brièvement sur l’accélérateur et en observant le compte-tours, que le moteur est en marche car ce dernier ne fait aucun bruit. Le véhicule réagit au moindre changement de pression des pédales et passe sans problème au-delà de la zone rouge des 6500 tr/min », commentent les pilotes d’essai de la Revue Automobile dans leur évaluation.

Le début des années 1970 n’est toutefois pas le meilleur environnement pour le moteur à douze cylindres gourmand en carburant en raison de la crise du pétrole. On comprend donc pourquoi seuls 5 % des véhicules vendus de la série I sont équipés du moteur V12, ceci malgré une augmentation de prix modérée comparativement au plus petit modèle, soit 4702,31 GBP contre 4154,15 GBP (modèles longs).

Série II modernisée +

Cinq ans après la sortie du premier modèle, les concessionnaires Jaguar présentent à l’IAA de Francfort la série XJ dans un design retravaillé. Les pare-chocs sont remontés pour satisfaire aux normes américaines. Les ingénieurs en profitent pour modifier la conception du tableau de bord et équiper le véhicule d’un système d’aération et de climatisation moderne.

Les moteurs à six et à douze cylindres continuent d’être disponibles. À la variante quatre portes s’oppose un coupé supplémentaire à deux portes coûtant 10 % de plus et également utilisé dans le sport automobile.

Le moteur de douze cylindres de la série II enregistre une légère augmentation des ventes, notamment grâce au système d’injection, qui permet un gain de puissance mais aussi une réduction de la consommation de carburant. Sur les 97 227 modèles XJ de la deuxième série, 14 226 sont équipés de moteurs à douze cylindres.

Le coup de pouce italien pour le design de la série III +

Pininfarina se retient et ne modifie que les pare-chocs, les phares arrière et la zone de toit, de sorte que la ligne classique est presque entièrement conservée lorsque la série III est présentée pour la première fois en 1979.

L’intérieur se compose d’un nouveau volant ainsi que de sièges améliorés, offrant un soutien lombaire et plus d’hauteur à l’arrière. Le moteur de 4.2 litres bénéficie désormais d’un système à injection, comme le modèle américain, et gagne ainsi en performance. 
« D’une manière générale, la troisième génération de la XJ répond entièrement aux exigences actuelles de la classe de véhicules supérieure », écrit la Revue Automobile à l’occasion de sa présentation en mars 1979. En effet, la série III connaîtra une vie particulièrement longue. Jusqu’en 1992, 132 952 limousines (y compris les variantes Daimler) sont construites, dont 10 500 dotées d’un moteur à douze cylindres.

Le Suisse Michael May a également contribué à ce succès.

L’efficacité suisse +

En 1981, le véhicule à douze cylindres, plutôt rare à l’époque car seuls Ferrari et Lamborghini continuent à fabriquer des moteurs aussi complexes dans les années 1980, est une nouvelle fois retravaillé. Avec l’aide de l’ingénieur suisse Michael May, le moteur se voit équipé d’une nouvelle culasse et développe désormais 295 ch DIN. Grâce à ses nets avantages en matière de consommation, il se voit même attribuer l’abréviation « H.E. » pour « High Efficiency ».

Avec les nombreuses améliorations et perfectionnements supplémentaires, la Jaguar, mais aussi sa sœur, la Daimler Double Six, sont construites jusqu’en 1992. Au total, plus de 300 000 XJ sont écoulées.

Une apparence élégante +

Plus de 45 ans après son lancement, la forme de la Jaguar XJ 12 continue de séduire encore aujourd’hui par son élégance et sa sobriété. Les modèles de la série II en particulier affichent une apparence moderne et contemporaine. L’intérieur, orné de cuir et de bois, offre une atmosphère feutrée ainsi qu’une grande liberté de mouvement. Même si la version longue en particulier est très spacieuse à l’arrière, on préfère tout naturellement la place du conducteur pour pouvoir saisir d’une main légère l’élégant volant.

Le moteur s’allume dès que la clé tourne et émet un doux ronronnement au ralenti. À peine démarrée, la transmission automatique entraîne la berline.

La conduite est à la fois fluide et agréable. Une légère pression sur l’accélérateur suffit à propulser le véhicule, et on comprend tout de suite pourquoi les pilotes d’essai parlaient à l’époque d’un tempérament de véhicule de sport. En effet, le félin accélère de 0 à 100 km/h en moitié moins de temps qu’une Opel ou qu’une Ford de l’époque.

Des coûts à prendre en compte +

Bien entendu, un tel véhicule n’est plus conduit aujourd’hui de manière si intensive qu’il y a 40 ans. Toutefois, les frais d’essence deviennent rapidement un poste de dépenses important. L’entretien des douze bougies et des 24 soupapes ainsi que la vidange des 9.1 litres d’huile ne sont pas non plus à négliger.

Les personnes intéressées par une Jaguar XJ 12 se doivent de savoir que son entretien n’est pas bon marché. Lorsqu’elle est bien entretenue, la limousine Jaguar à douze cylindres permet toutefois une conduite particulièrement confortable et élégante, que peu d’autres véhicules sont en mesure d’offrir.

Auteur invité : Werner Bartholai
Images : Bruno von Rotz – Balz Schreier – Archiv Zwischengas

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